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En quoi les défis sont-ils autant des opportunités ?

Quel bilan retenir de l’année 2017 et quels enseignements en retirer pour entamer 2018 sur les chapeaux de roue ? Sales Director chez Synergie pour la Wallonie, Ludivine Copois partage quelques réflexions porteuses d’inspiration, issues aussi bien d’une analyse du marché de l’emploi que de la gestion de l’humain au sein de Synergie.

En 2017, le secteur du travail intérimaire a connu une croissance plus qu’appréciable de 5,5%. Dans ce contexte, le groupe Synergie a particulièrement bien tiré son épingle du jeu avec une progression de 15%. Sa filiale en Belgique a également surperformé avec une croissance de 11% et une rentabilité qui reste stable. Pour autant, l’année écoulée n’a pas été un long fleuve tranquille, commente Ludivine Copois. « Le marché RH s’est montré particulièrement volatile et, avec un accès facilité aux talents via les réseaux sociaux, il est devenu fréquent d’être sollicité pour d’autres postes. Ce qui nous a valu un taux de rotation assez élevé cette année. Ce fut un vrai défi de garder une qualité de service optimale en renouvelant une partie du personnel, avec l’enjeu de le former. »

Mais tout défi représente aussi une opportunité, ajoute-t-elle. « Nous en avons profité pour revoir notre business model avec une réorganisation des agences en départements (Technics, Industrie et Careers). L’idée est, d’une part, de permettre à nos collègues de s’orienter vers les activités qui leur conviennent le mieux et, d’autre part, de répondre au besoin du marché. Il y a 5 ans, on pouvait se positionner en généraliste. Aujourd’hui, le client veut pouvoir compter sur des spécialistes. Ce modèle est progressivement testé et sera généralisé dans les 2 à 3 ans : on ne parlera alors plus d’agences, mais bien de business centres avec différentes spécialisations. »

D’autres initiatives ont également été prises pour accroître encore la qualité de service et permettre aux recruteurs de se concentrer sur leurs tâches : trouver des talents pour les clients. Ludivine Copois cite notamment le développement de fonctions spécialisées (contact centre, safety coaches, etc.), la révision des processus de formation initiale et continue des collaborateurs et un investissement accru dans celle-ci, l’investissement dans un nouvel outil assurant un meilleur matching entre les candidats et les demandes des clients, le recours à une batterie de tests en ligne pour évaluer les compétences des profils techniques avant de les inviter à un entretien, etc.

Composer sa solution

La fidélisation du personnel est et restera un défi en 2018 sur un marché du travail où évoluent plusieurs générations. Ce qui est aussi le cas chez Synergie. « Est-ce qu’un plan de pension, une assurance hospitalisation ou encore une voiture sont encore de nature à satisfaire l’ensemble d’un effectif ? Aujourd’hui, nous offrons un package intéressant, mais ce qui nous semble essentiel, c’est d’offrir la possibilité à chacun de composer la solution la plus adaptée à sa situation. Il faut sortir de l’idée que one size fits all : nous ne sommes qu’aux prémices du plan cafétéria, mais il a eu un effet positif immédiat. »

Avec des indicateurs conjoncturels positifs, l’année 2018 s’annonce sous les meilleurs auspices. « C’est même étonnant qu’on ne le dise pas davantage ! Quand l’intérim se porte bien, c’est que le marché de l’emploi s’améliore. L’année qui s’ouvre devrait être positive, avec des défis intéressants : trouver des talents avec les bonnes compétences, mais aussi et surtout, avec les bonnes attitudes. C’est ainsi que nous allons mettre le focus sur les profils dits ‘en pénurie’, ceux que recherchent tous les employeurs. Il s’agit d’une raison supplémentaire pour laquelle il nous faut pouvoir compter en interne sur des spécialistes capables de parler le même langage que les profils recherchés. Cette ambition sera appuyée par différentes campagnes qui vont être développées avec notre département marketing. Là où, auparavant, les candidats venaient en agence, il faut aujourd’hui aller à eux et, au besoin, leur proposer des contrats de formation pour répondre aux besoins non rencontrés sur le marché. Dans cet esprit, nous avons investi dans la solution de la start-up bruxelloise Helpigo, sorte d’équivalent à LinkedIn pour les profils peu qualifiés et les métiers exposés à une forte rotation sur le marché du travail (industrie, commerce, horeca, entretien et nettoyage…). Ceux-ci ne s’inscrivent pas en général sur LinkedIn, faute d’y trouver une utilité. Il s’agit d’un bel exemple d’initiative que nous voulons encourager car elle répond à une vraie demande. »